lundi 14 mars 2011

52 : Les questions les plus courantes sur la plagiocéphalie, brachycéphalie : prévention et traitement.

©Association Plagiocéphalie info et soutien 2011

Que sont la plagiocéphalie positionnelle et la brachycéphalie ?

Ce sont toutes les deux des déformations crâniennes apparaissant chez l’enfant durant la grossesse ou dans les premiers mois de la vie.

La plagiocéphalie positionnelle (du grec « plagios », oblique, et « kephalê », tête) est une déformation crânienne caractérisée par la présence d’un aplatissement asymétrique, sur l’arrière ou un côté de la tête, aplatissement secondaire à une contrainte mécanique sur le crâne, pré ou post-natale.

Caractéristiques fréquentes d'une plagiocéphalie :

  • avancée de l'oreille du côté atteint, plus proche du visage que l'autre oreille
  • apparition d'une bosse "de compensation" sur le front du côté de la déformation
  • la tête prend la forme d'un parallélogramme

La brachycéphalie (du grec « brakhus», court, et « kephalê », tête) est une déformation crânienne caractérisée par une tête large et peu profonde, avec l’arrière aplati.

Caractéristiques fréquentes d'une brachycéphalie

  • aplatissement de tout l'arrière du crâne
  • front avancé
  • boîte crânienne montant à l'arrière
  • le ratio largeur/profondeur du crâne dépasse les 78%, voire même les 100%

Quelle est la différence entre une plagiocéphalie positionnelle et une craniosténose ?

On parle, dans les deux cas, de plagiocéphalie, compte-tenu de la forme du crâne, mais la craniosténose se distingue par une fermeture prématurée d’une ou plusieurs sutures crâniennes alors que la plagiocéphalie positionnelle est, comme son nom l’indique, liée à l’exercice d’une contrainte mécanique externe. Ce sont donc deux problèmes très différents. Une plagiocéphalie positionnelle peut être traitée de différentes manières (repositionnement, ostéopathie, casque…), alors que seule la chirurgie pourra venir à bout d’une craniosténose.

Les craniosténoses sont nettement plus rares que les plagiocéphalies positionnelles et concerneraient 1 naissance sur 2000.

Quelles sont les causes des brachycéphalies et plagiocéphalies positionnelles ?

Les causes mêmes de ces déformations positionnelles font encore débat. Cependant, on peut signaler que différentes causes semblent suspectées comme favorisant l’apparition et le développement de plagiocéphalie positionnelle :

  • Cause utérine

Certains ont émis l’hypothèse que l’aplatissement occipital commence à se développer dans l’utérus. Il a été notamment constaté que les jumeaux ou autres multiples avaient plus de risque de développer une plagiocéphalie positionnelle. Un manque de liquide amniotique (oligoamnios) pourrait aussi entraîner des pressions supplémentaires et un aplatissement de la tête du fœtus.

  • Accouchement

Selon certaines études, l’accouchement pourrait avoir un rôle dans le développement de la plagiocéphalie positionnelle, notamment un travail prolongé ou une première naissance augmenterait le risque d’aplatissement du crâne durant les 72 premières heures. A noter, cette thèse est contredite dans d’autres études.

A noter, il faut signaler que ce n’est pas parce qu’une plagiocéphalie est présente à la naissance, que l’enfant la conservera par la suite.

  • Torticolis

Si l’enfant naît avec un torticolis congénital ou un autre problème mécanique l’empêchant de tourner sa tête convenablement, cela augmente le risque d’engendrer le développement d’une plagiocéphalie positionnelle.

  • Position prolongée sur le dos sur une surface dure

Différentes études ont été menées quant à l’influence du couchage sur le dos et le développement ou l’aggravation de plagiocéphalie positionnelle. Ce qui est certain, c’est que le nombre de cas d’enfants atteints de plagiocéphalie positionnelle a fortement augmenté depuis les années 1990 et la campagne de couchage sur le dos (il a probablement triplé).

Il semblerait, en particulier, que plus l’enfant passe de temps sur le dos, plus il a de risques de développer une plagiocéphalie positionnelle.

  • Enfin, une autre piste évoquée parfois serait une déficience en vitamine D de la mère en fin de grossesse, qui rendrait le crâne du bébé plus malléable (à confirmer).

Ce qui est certain, c’est que les facteurs de risques suivants ont été identifiés. La plagiocéphalie touche en priorité :

  • les premiers-nés
  • les garçons (sur ce point, une étude signale que, au même âge, les filles sont plus actives et plus mobiles que les garçons en moyenne, ce qui induirait un peu moins de temps sur le dos, sachant que, d’après une autre étude, une demi-heure de moins sur le dos suffirait à limiter les risques de développer de telles pathologies)
  • les prématurés
  • les multiples
  • les enfants nourris au biberon

Il semble important de favoriser les jeux et activités sur le ventre et de limiter les temps d’éveil sur le dos, pour éviter la mise en place et l’installation de telles déformations.

A quel âge les déformations positionnelles apparaissent-elles ?

Dans certains cas, une plagiocéphalie est présente dès la naissance. Plus souvent, elle s’installe peu à peu pour commencer à être visible à l’œil nu entre 6 à 8 semaines de vie.

Cependant, les études ont montré que ce n'est pas parce qu'une plagiocéphalie est présente à la naissance que l'enfant l'aura encore à deux mois.

Dans tous les cas, c’est très tôt qu’il faut agir pour éviter que la plagiocéphalie ne se développe : n’hésitez pas à signaler tout début de plagiocéphalie à votre médecin, à amener votre enfant très jeune chez un kinésithérapeute ou un ostéopathe (idéalement dès le premier mois, ou dès que possible), et à mettre en place les techniques de repositionnement détaillées plus loin.

Comment les prévenir ?

C’est, dès la maternité, que les parents devraient être informés des risques de développement de déformations crâniennes positionnelles, ceci afin de prévenir ces différentes pathologies et afin que les parents puissent avoir les bons réflexes.

Il est vivement conseillé, dans tous les cas, que votre enfant présente ou non une déformation crânienne à la naissance, de consulter un ostéopathe dans le premier mois : à 15 jours ou 3 semaines de vie, selon la pratique de l’ostéopathe, emmenez votre bébé consulter pour que le praticien vérifie les sutures de la tête et que tout est bien libéré, cou y compris.

Cette recommandation est encore plus valable si vous avez vécu un accouchement avec instruments.

Comment est-il recommandé de coucher bébé ?

Non, les politiques de couchage ne sont pas un effet de mode. De nombreuses études ont montré que le couchage sur le dos est de loin le plus sûr, puisque c’est celui qui prévient le mieux la mort subite du nourrisson. Les campagnes de couchage sur le dos ont ainsi permis de diviser par 3 le nombre de décès chaque année. Dans tous les cas, le couchage sur le ventre est à proscrire. Le couchage sur le côté est également plus dangereux, puisqu’il y a risque de basculement de l’enfant sur le ventre.

Différents coussins et matelas en vente sont censés limiter le risque de développement de plagiocéphalie, utilisables jusqu’à 4 mois pour la plupart. Parmi les différents articles sur le marché, on peut citer Love Nest, Petit Panda, Ergodoo, un coussin recommandé par le Conseil National de la Santé et du Bien être Suédois : Lilla Kuddis Baby Pillows, et enfin le Bibed : coussin inventé et fabriqué par un ostéopathe français qui a été récompensé au concours Lépine.

http://lillakuddisbabypillows.co.uk/

http://www.bibed-concept.com/principe-technique.html

Il est important de signaler que ces coussins n'ont probablement pas tous les mêmes caractéristiques ni la même qualité, et ce ne sont que des exemples, nous ne connaissons pas forcément ces produits et il en existe certainement encore d’autres.

Ce qui est sûr, c’est qu’un bon conseil est de coucher alternativement le bébé en inversant pieds et tête dans le lit, en particulier si le lit est contre le mur. En effet, un enfant est généralement attiré par la lumière et par le côté où vont arriver ses parents. L’objectif de cette alternance de couchage sur le dos dans un sens et dans l’autre du lit est de favoriser une bonne rotation de la tête pour éviter l’installation de plagiocéphalie.

Si l’enfant présente un début de plagiocéphalie, il faut, à l’inverse, le stimuler davantage de l’autre côté, afin qu’il tourne la tête de l’autre côté. Pour cela, on peut utiliser la lumière, les objets qui l’intéressent, les jouets qui attirent son attention…

Quels sont les autres conseils de prévention ?

Outre les conseils de couchage évoqués ci-dessus, d’autres conseils peuvent être appliqués :

- alterner la position dans laquelle on donne à manger au bébé (une fois à droite, une fois à gauche)

- éviter autant que possible le contact avec une surface sous la tête de façon prolongée (transat, lit, siège auto, fond de parc etc.)

- lui présenter des jouets tantôt à droite, tantôt à gauche.

- le mettre sur le ventre lors des périodes de jeux

- le portage

Qui faut-il consulter ?

En cas de plagiocéphalie ou de brachycéphalie apparente, il est nécessaire de faire confirmer le diagnostic par un médecin, en particulier pour être certain qu’il ne s’agit pas de craniosténose ou autre déformation crânienne plus rare.

Si, pour consulter un ostéopathe (ce qui est fortement recommandé, voir plus haut), il n’est pas nécessaire de passer par un médecin, pour envisager un traitement plus lourd (par orthèse crânienne), il est très important d’avoir un avis médical, voire plusieurs. Ce peut être l’avis d’un généraliste, d’un pédiatre, et si besoin d’un neurochirurgien. Si le professionnel de santé que vous allez voir ne connaît pas cette pathologie, rien ne vous empêche d’aller prendre un deuxième avis médical.

Si votre enfant présente réellement une déformation positionnelle, s’il a moins d’un an voire moins de quinze à dix-huit mois, si vous avez tenté en vain les techniques de repositionnement, et si la déformation est toujours nette, vous pouvez effectivement commencer à envisager un traitement par orthèse crânienne. Dans ce cas, il faut se tourner vers les différents lieux de soin adaptés et les médecins, prothésistes, orthésistes et neurochirurgiens y travaillant. A noter que plusieurs centres de soins peuvent donner leur avis par mail si vous leur communiquez des photos de la tête de votre enfant.

A partir de quand peut-on envisager un traitement par orthèse ?

L’idéal est bien sûr de ne pas avoir besoin de traitement par orthèse, mais si, après avoir essayé plusieurs mois en vain les différentes techniques de repositionnement, après avoir consulté kinésithérapeute, ostéopathe,… vous voyez que la forme du crâne de votre enfant ne s’améliore pas, voire même s’aggrave, vous pouvez commencer à envisager un traitement par orthèse dès qu’il approche 4 mois.

Quel est l’âge idéal pour commencer un traitement par orthèse ?

L’âge idéal pour faire commencer à votre enfant un traitement par orthèse est entre 4 à 7 mois afin de bénéficier de la plus grande période de croissance du crâne, ce qui augmente les chances de récupération et raccourcit la durée du traitement suivant la sévérité de la pathologie. Toutefois, de très nombreux enfants commencent après et arrivent à des résultats très satisfaisants.

Jusqu’à quel âge peut-on traiter par orthèse ?

Les cliniques et hôpitaux ne définissent pas tous le même âge limite de début de traitement. Ceci dépend en particulier de la technique d’orthèse qu’ils utilisent. En général, passés 15 mois, les cliniques refusent de commencer un traitement. Cependant, des exceptions sont à noter, qui sont à l’appréciation du médecin ou du prothésiste : des enfants ont été casqués avec des résultats satisfaisants à 19 mois. A l’inverse, en Suisse, ils n’équipent plus les enfants âgés de plus de 6 mois.

Quelle est la durée moyenne du traitement ?

La durée moyenne du traitement est de 4 à 6 mois pour une orthèse dynamique et de 8 à 12 mois pour une orthèse passive. La durée de traitement dépend notamment de l’âge de début du traitement et de la sévérité de la pathologie. Un enfant casqué après un an portera le casque plus longtemps, et avec probablement une moins bonne récupération qu’un enfant casqué à six mois. A noter cependant que, plus l’enfant est casqué jeune, plus il a des chances d’avoir besoin d’un deuxième casque, en raison d’une plus grande croissance crânienne.

Quel est le protocole de port d’orthèse ?

Selon les centres de soin, les protocoles varient légèrement, mais le principe est globalement le même : pendant une période d’adaptation, le temps de port d’orthèse est augmenté progressivement, avant d’atteindre une durée fixe, de l’ordre de 20 à 23 heures par jour (souvent 22 à 23 heures).

Exemple de protocole d’adaptation :

Jour 1 : On met l’orthèse une heure, on l’enlève une heure, on ne la met pas pendant la sieste ni pendant la nuit. (Port maximum de l’orthèse le jour un : 4 à 5 heures.)

Jour 2 : On la met deux heures, on l’enlève une heure, on ne la met pas pendant la sieste ni pendant la nuit. (Port maximum de l’orthèse le jour deux : 6 à 8 heures.)

Jour 3 : On la met quatre heures, on l’enlève une heure, on peut commencer pendant la sieste et on peut commencer la nuit. (L’idéal étant qu’il la garde toute la nuit.)

Jour 4 : On la met huit heures, on l’enlève une heure, et on recommence (sieste et nuit compris) Si le jour 3 il a gardé l’orthèse toute la nuit on commence la journée en faisant un break d’une heure.

A partir du cinquième jour et pendant toute la suite du traitement : port de l’orthèse 22 heures sur 24 avec une pause d’une heure le matin et une pause d’une heure le soir.

Dans quelles situations faut-il/peut-on retirer l’orthèse ?

L’orthèse peut ou doit être enlevée dans les cas suivants :

- forte fièvre,

- grippe,

- le jour d’une intervention chirurgicale,

- visite chez le médecin

- change des vêtements,

- bain et piscine,

- exercices d’étirement du cou en cas de torticolis

Qu’en est-il des odeurs, rougeurs et sécheresse de la peau lors du port d’orthèse ?

Il est évident que le port de l’orthèse 22h/24 (voire plus) sur la tête de votre petit cœur n’amènera pas une odeur très agréable à la longue et ce malgré le nettoyage deux fois par jour avec les produits conseillés spécialement pour l’orthèse. Toutefois, pour vous rassurer, cela n’est gênant que lorsque vous lui enlevez l’orthèse ; au quotidien ou quand vous vous baladez, cela passe inaperçu !

Il est important qu’au moment où vous retirez l’orthèse, vous puissiez nettoyer la tête de bébé avec un peu d’eau nettoyante et l’orthèse comme indiqué précédemment ; un shampoing tous les deux jours à votre enfant est conseillé (pas trop souvent non plus pour ne pas irriter le cuir chevelu de bébé).

Pour les rougeurs et les sécheresses de la peau qui arrivent surtout au début du traitement, il est recommandé par les médecins et orthésistes de mettre une crème très grasse type vaseline sur les zones concernées avant la mise en place de l’orthèse et renouveler l’opération à chaque mise en place de celle-ci si nécessaire.

De plus, en début du traitement, l’enfant risque de transpirer davantage : il faut donc veiller à ne pas trop le couvrir pendant cette phase d’adaptation. Quand le protocole est bien en place, normalement, l’enfant ne transpire plus si abondamment.

L’enfant s’adapte t-il bien à l’orthèse?

Tous les parents ayant des enfants casqués vous le diront : nos petits ont une incroyable capacité d’adaptation ! Très souvent, ils ignorent complètement l’orthèse qu’ils ont sur la tête et s’adaptent très vite. Cela dit, l’adaptation est probablement d’autant plus facile que l’enfant est jeune.

Si vous êtes futurs parents d’enfant casqué, soyez rassurés sur ce point : le protocole de port progressif de l’orthèse est étudié pour faciliter l’adaptation de l’enfant avec une introduction d’abord en journée par petites touches, puis pendant les siestes et enfin l’introduction pendant la nuit.

L’orthèse est-elle gênante la nuit ?

Souvent les parents sont inquiets sur ce point, et ont peur que le sommeil de leur enfant soit perturbé par le port de l’orthèse crânienne : compte-tenu de la forme et de l’épaisseur de l’orthèse, l’enfant ne risque-t-il pas d’avoir des difficultés pour dormir et de ne plus faire ses nuits ? La réponse est non, en réalité ce n’est pas gênant. Cependant, selon l’enfant, le temps d’adaptation peut être plus où moins long, de l’ordre de quelques jours.

Le traitement peut-il être remboursé ?

Tout dépend du lieu où votre enfant est traité. A Lyon, le traitement par orthèse crânienne n’est plus remboursé. A Toulouse, il l’est encore. En ce qui concerne l’étranger, rien ne vous empêche de constituer un dossier qui sera étudié au cas par cas.

Pour les traitements non remboursés ayant eu lieu en France, il faut savoir que certaines personnes ont eu des refus, notamment pour les frais de transport, alors que d’autres parents ont réussi à obtenir une prise en charge par leur caisse de sécurité sociale. Ces disparités s’expliquent par le fonctionnement départemental des caisses et les règles individuelles qu’elles ont. Il n’y a donc qu’en faisant la demande que vous pourrez le savoir…

Où aller faire ce traitement ?

Vous trouverez une liste des adresses des centres de soins répertoriés en France et en Europe majoritairement, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada, à l’adresse suivante :

http://plagiocephalie-moncombat.blogspot.com/p/les-adresses-des-cliniques-qui-traitent.html

Y a-t-il un risque de régression après un traitement par orthèse ?

Nos lectures et conversations avec prothésistes et médecins semblent montrer qu’il n’y a aucun risque de régression après de tels traitements, si du moins l’enfant est assez grand en fin de traitement (au-delà d’un an).

Il apparaît néanmoins important de continuer à être vigilant sur le positionnement de l’enfant, surtout si vous avez commencé tôt le traitement et donc que vous l’avez terminé tôt.

En particulier, il faut veiller à limiter les périodes d’appui sur la tête (transat, siège auto et autre surface dure), et préférer les périodes d’éveils sur le ventre ou assis ou debout suivant l’avancée de l’enfant. Pour la nuit, en général, c’est moins gênant, car une fois le traitement terminé, l’enfant se tourne par lui-même pour changer de position.

Et après ?

Tout comme avant et pendant le traitement, il est conseillé, une fois le port du casque terminé, de faire un suivi ostéopathique aux moments importants des modifications du crâne (après le traitement pour vérifier que tout va bien, pour ses 18 mois au moment du début de la fermeture des sutures, etc. suivant ce que vous dit votre praticien).

©Association Plagiocéphalie info et soutien 2011

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